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La Gazette du Festival 33 TOUR #4 : Rencontre avec Mathieu alias TIOU

Rencontre avec Mathieu alias TIOU afin d’en savoir un peu plus sur lui avant son prochain concert qui se déroulera à la médiathèque Jean Degoul d’Eysines dans le cadre du festival 33 TOUR samedi 06 juin 2026 à 16h30

Bonjour TIOU, peux-tu te présenter rapidement ?

Je suis Mathieu Andreau, auteur-compositeur-interprète sous le nom de Tiou. J’écris et chante mes propres chansons depuis une quinzaine d’années. J’évolue principalement dans l’univers de la chanson francophone, entre concerts, création de spectacles musicaux et projets de médiation culturelle. J’aime particulièrement les formes qui permettent la rencontre directe avec le public, que ce soit dans un théâtre, une médiathèque, une école ou un EHPAD.

Comment as-tu découvert la musique ?

La musique a toujours fait partie de mon environnement. Mon père est un très bon pianiste amateur et ma mère a toujours chanté. Quand j’étais enfant, j’allais souvent les écouter en concert. Ils étaient plutôt tournés vers le jazz et le blues. J’ai aussi hérité du saxophone de mon grand-père, qui a été mon premier véritable instrument.

Plus tard, à l’adolescence, j’ai découvert la poésie et la chanson francophone. J’ai été marqué par des artistes comme Jacques Brel ou Renaud, mais aussi par des groupes comme Java, Les Hurlements d’Léo ou encore Oxmo Puccino. J’y retrouvais quelque chose qui me fascinait : la force des mots, du récit et de l’émotion.

Comment est née l’envie de devenir artiste ?

Je ne sais pas s’il y a eu un déclic précis. L’envie est venue progressivement à travers l’écriture. J’ai commencé à écrire pour moi, puis j’ai eu envie de partager ces textes avec d’autres. La scène est arrivée naturellement ensuite. Très vite, j’ai compris que ce qui me rendait heureux, c’était de créer, raconter des histoires et provoquer des émotions collectives à travers les chansons.

Quel est ton processus de création pour un morceau ?

Il n’y a pas de règle fixe. Une chanson peut naître d’une phrase entendue dans une conversation, d’une image, d’un souvenir ou d’une émotion. J’accumule souvent des notes, des idées ou des bouts de textes avant qu’un fil conducteur n’apparaisse. Ensuite vient un travail plus artisanal de construction : trouver le bon point de vue, la bonne structure, la bonne mélodie et essayer de faire en sorte que tout cela serve le propos de la chanson.

Une carrière idéale, pour toi, ce serait quoi ?

Ce serait d’abord une carrière libre. Pouvoir continuer à écrire les chansons que j’ai envie d’écrire, développer mes spectacles à mon rythme et rester au plus près de mon public. J’aime l’idée d’un parcours indépendant, où la relation avec les spectateurs ne passe pas uniquement par les réseaux ou les plateformes mais aussi par la rencontre réelle.

J’aimerais aussi pouvoir faire voyager davantage mes projets, dans toujours plus de villes et de territoires. J’ai la chance de jouer déjà dans différents lieux et devant des publics très variés, mais je reste animé par l’envie de rencontrer de nouveaux publics et de faire voyager mes chansons toujours plus loin. Tant que je pourrai créer, partir sur les routes et partager mes chansons avec de nouvelles personnes, je me sentirai à ma place.

Quelles sont les difficultés pour un artiste émergent ?

La première difficulté est peut-être déjà de savoir ce que signifie exactement le mot « émergent »
Cela fait une quinzaine d’années que j’écris des chansons, que je crée des spectacles et que je parcours les routes. J’ai eu la chance de jouer sur de très beaux événements, de rencontrer beaucoup de publics et de mener des projets très différents. Pourtant, dans notre secteur, on peut parfois avoir l’impression de rester éternellement émergent !

Plus sérieusement, être artiste indépendant aujourd’hui demande de porter de nombreuses casquettes. Il faut écrire, répéter, jouer, mais aussi produire, communiquer, chercher des partenaires, organiser la diffusion et gérer toute la partie administrative. Trouver un équilibre entre ces différentes missions représente sans doute l’un des principaux défis.

Mais je ne le vis pas uniquement comme une contrainte. Ce qui me plaît profondément, c’est de créer. Je ne me suis jamais senti « arrivé » et je n’en ai d’ailleurs pas très envie. Chaque nouveau spectacle, chaque nouvelle chanson, chaque rencontre avec le public est une occasion de repartir de zéro et d’inventer la suite.

Le festival 33 Tour, dans le cadre duquel tu vas te produire, se déroule dans les médiathèques de la métropole. Quel est ton rapport aux bibliothèques, es-tu un usager régulier ?

J’ai toujours eu beaucoup d’affection pour les bibliothèques et les médiathèques. Ce sont des lieux de découverte, de curiosité et d’ouverture. Aujourd’hui, j’y vais aussi beaucoup avec mes enfants, que ce soit pour emprunter des livres, participer à des animations ou simplement passer un moment ensemble.

J’aime également le fait que les médiathèques soient devenues de véritables lieux culturels où se croisent les livres, la musique, les expositions, les rencontres et parfois les spectacles. C’est un cadre que j’apprécie particulièrement comme artiste, parce que la relation avec le public y est souvent très directe et très chaleureuse.

Quelques conseils musicaux d’artistes que tu aimes ?

Je reste très attaché aux grands auteurs de la chanson francophone comme Jacques Brel, Georges Brassens ou Allain Leprest. Parmi les artistes plus récents, j’apprécie particulièrement Gaël Faye ou Ben Mazué, qui ont chacun une manière très personnelle de mêler exigence d’écriture et émotion.

Et puisque nous sommes en Gironde, j’aimerais aussi citer Innvivo, un groupe dont j’apprécie beaucoup le travail et la manière de faire dialoguer les textes et la musique.

Tu animes des ateliers d’écriture de chansons auprès des résidents de l’EHPAD du Bois Gramond cette année à la médiathèque d’Eysines. Tu mènes régulièrement ce type de projets avec différents publics : qu’est-ce qui t’anime dans ces rencontres, et qu’est-ce que cela représente pour toi de rassembler tous ces fragments de vie dans une chanson collective ?

Ce que j’aime dans ces projets, c’est la rencontre. Chacun arrive avec son histoire, ses souvenirs, ses mots, parfois ses hésitations et ses douleurs aussi. Mon rôle consiste à créer un cadre où cette parole peut circuler et devenir matière artistique. Dans le cas des personnes âgées, il y a souvent une richesse de vécu extraordinaire. Rassembler ces fragments de vie dans une chanson collective, c’est un peu comme assembler les pièces d’un puzzle : peu à peu se dessine un récit commun qui appartient à tout le monde. Ce sont souvent des moments très émouvants, parce qu’ils permettent à chacun de transmettre une part de son histoire tout en participant à une œuvre collective.

Un dernier mot ?

Je suis très heureux de participer au festival 33 Tour et de retrouver le public d’Eysines le 6 juin. C’est aussi un plaisir particulier cette année puisque ce concert fait donc écho aux ateliers d’écriture de chansons menés avec les résidents de l’EHPAD du Bois Gramond. Ces rencontres nourrissent profondément mon travail et rappellent que les chansons sont avant tout des histoires que l’on partage.

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