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La Gazette du Festival 33 TOUR #6 : Rencontre avec Gianni Bee

Rencontre avec Gianni Bee afin d’en savoir un peu plus sur ce musicien avant son prochain concert qui se déroulera à l’auditorium du POLCAQ au Taillan Médoc dans le cadre du festival 33 TOUR jeudi 25 juin à 21h30

Bonjour, peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour ! Je m’appelle Gianni Bee, je vis à Bordeaux. Je suis auteur compositeur interprète dans un style que j’appelle la « folk romantique ». Mes concerts sont en trois langues : anglais, français, espagnol.

Comment as-tu découvert la musique ?

J’ai grandi en République dominicaine avec mes parents, dans une région très isolée (pas d’internet, pas d’électricité la plupart du temps). Alors que j’avais 15 ans, mon grand frère qui vivait à Paris est venu nous rendre visite et en a profité pour m’acheter une guitare car il était persuadé que je m’ennuyais à mourir (ce n’était pas le cas). Le chant s’est imposé naturellement avec l’apprentissage de la guitare, puis les concerts, les vidéos sur Youtube, les concours de chant… jusqu’à ce qu’il soit inconcevable de ne
pas en faire mon métier.

Comment est née l’envie de devenir artiste ?

L’art a toujours eu une importance primordiale dans ma vie depuis mon plus jeune âge. Quand j’étais petit je voulais devenir écrivain, jusqu’à mes quinze ans où la musique m’a frappé comme la foudre. J’ai participé à The Voice moins de deux ans après avoir découvert la pratique du chant, ce qui a été un tourbillon d’émotions qui a bousculé toutes mes certitudes sauf une : la  musique ferait partie de ma vie. Mais même avant cela, je pense que j’avais compris l’effet que la musique pouvait avoir sur les gens, la force avec laquelle elle se mêle aux souvenirs pour devenir la bande originale de nos vies. Mais au delà de la musique, l’art en général est et demeurera toujours ma priorité. Quand j’aurai fait assez de chansons, peut-être reviendrais-je à mon rêve initial d’être romancier, ou peintre.

Quel est ton processus de création pour un morceau ?

Je n’en ai pas, selon moi il n’y a pas de recette magique, je tiens à ce que chaque chanson suive son propre chemin de création. Cela dit, j’ai toujours un petit carnet sur moi, qui abrite idées, observations en tous genres et petits dessins. Parfois une mélodie s’imposera naturellement sur une phrase, et c’est souvent celle-ci qui devient le refrain ou la première phrase d’une chanson. J’essaie d’étirer l’idée, de voir comment elle s’applique à ce que je vis en ce moment ou ce que j’ai vécu pour écrire les couplets. Ça peut
prendre plusieurs mois, mais dernièrement j’ai fini une chanson en deux jours, j’étais très content.

Une carrière idéale, pour toi, ce serait quoi ?

Vivre exclusivement de ma musique, comme c’est le cas depuis deux ans, est déjà un privilège immense. Après, je ne refuserais pas une chanson qui perce à l’internationale, une chanson d’amour qui traverse les frontières pour aller toucher les gens et leur apporter un peu de réconfort, et qui me permettrait
accessoirement de m’acheter une petite maison à la campagne avec des grandes fenêtres et une table de ping-pong.

Quelles sont les difficultés pour un artiste émergent ?

Houlà ! Il y en a trop pour les compter ! Depuis l’avènement des réseaux sociaux, le métier d’artiste indépendant comme c’est mon cas regroupe en réalité une dizaine de métiers : producteur, directeur artistique, booker, comptable, chargé de com et de marketing, community manager, photographe, vidéaste et réalisateur, et j’en passe. Il faut savoir être partout et surtout, tout le temps, parfois au détriment de sa santé mentale car les algorithmes et l’industrie punissent l’inactivité, même temporaire. C’est un équilibre fragile que je ne peux prétendre avoir trouvé pour moi-même, mais je pense que l’essentiel est de faire son possible, de rester authentique et surtout, d’être patient. L’avantage de l’ère digitale (il faut bien qu’il y en ait) est que tout peut arriver d’une façon imprévisible et mystérieuse, il faut juste faire preuve d’endurance et veiller à ce que les chansons continuent à vivre et à faire leur petit bout de chemin.

Le festival 33 Tour, dans le cadre duquel tu vas te produire, se déroule dans les médiathèques de la métropole. Quel est ton rapport aux bibliothèques, es-tu un usager régulier ?

J’essaie de lire autant que je le peux, mais pour être honnête mes dernières visites en bibliothèque ont été pour des concerts. J’ai eu la chance de faire une dizaine de concerts en médiathèque depuis un an, et je dois dire que le public m’a charmé à chaque fois. Pour la plupart ce sont des gens qui n’ont jamais entendu parlé ni de moi ni de mes chansons, ils viennent pour découvrir en live. Il faut du courage pour faire ça, je pense c’est que le genre de courage dont nous avons cruellement besoin, surtout en cette période si incertaine pour les artistes et la culture. À la fin, tout le monde chante, les gens parlent entre eux de ce qu’ils écoutent à la maison, parfois ils me parlent de leur famille, ils me racontent des bribes de leurs vies. Ce sont des vrais moments de partage et de connexion à travers la musique, et j’en suis
très reconnaissant.

Quelques conseils musicaux d’artistes que tu aimes ?

L’artiste que j’écoute le plus en ce moment s’appelle Billie Marten. J’ai eu l’occasion de la voir en concert en octobre (expérience transcendante) et son album « Drop Cherries » est certainement mon album préféré toutes catégories confondues, je le considère comme un refuge, j’ai l’impression qu’il a été écrit sur mesure pour moi. Et si vous voulez un artiste francophone et local qui plus est, je vous conseille d’écouter Axel Enderlin. En plus d’être mon ami et le co-réalisateur des chansons de mon nouveau projet, il a sorti de nombreuses chansons dans un style unique. C’est un maître des mots et des mélodies, que ce soit en français ou en anglais, et ses chansons sont toujours au service de la douceur et de l’espoir.

Un dernier mot ?

Je vous donne rendez-vous le 25 Juin pour un concert plein de douceur… et de surprises !

Retrouvez Gianni Bee dans la Gironde Music Box